Le mois de février a été consacré à la définition des objectifs pour le premier semestre. Cela a donné le ton aux activités que nous allions entreprendre et a servi de guide, dans le but de passer à l'action dès le mois suivant.
En mars, l'équipe a commencé à rassembler des informations sur les demandes et les restitutions. Les bronzes du Bénin présentent une meilleure documentation concernant les demandes de restitution, ce qui explique leur utilisation comme étude de cas pour l'élaboration d'un cadre d'analyse des médias. Après une première analyse, nous avons pu formuler trois questions clés :
- Si un objet est demandé plusieurs fois, comment le framework réagira-t-il ?
- Est-il possible de structurer le framework de manière à refléter s'il s'agit d'une requête portant sur un seul objet ou sur une collection entière ?
- Comment traduire la complexité d'une requête à travers les données ?
Ces questions nous ont permis de comprendre et de reconnaître que les restitutions au sein des collections ne se font pas artefact par artefact et qu'il n'existe aucune procédure standardisée pour formuler une demande de restitution. Il est donc difficile de définir une demande officielle. Les données que nous avons rassemblées se fondent sur les détails de la demande : qui l'a formulée, quel objet a été demandé et à quelle institution a-t-elle été adressée ? Nous espérons ainsi pouvoir centrer notre cadre d'analyse sur les données essentielles pour les Africains.
En avril, nous avons pu définir six types de requêtes et avons commencé à alimenter la plateforme Benin Bronzes avec des sources en ligne. Ces six types sont :
- Une demande de retour
- Une offre d'un musée ou d'un collectionneur
- Une demande de prêt à court terme
- Une demande de prêt à long terme
- Une demande de prêt permanent
- L'achat d'un bronze du Bénin
En mai, une nouvelle collaboratrice a rejoint notre équipe pour appuyer nos recherches. Elle a contribué à affiner le cadre méthodologique en fonction des questions soulevées par l'analyse des premières données. À ce stade, nous avions recensé 17 demandes, la plupart concernant le retour de collections expatriées dans des musées d'Europe et d'Amérique. Quatorze collections ont été restituées et 20 engagements de restitution ont été enregistrés ; toutefois, ces chiffres ne représentent qu'une fraction des demandes et des restitutions effectuées.
En juin, un nouveau membre a rejoint l'équipe pour renforcer nos efforts de communication. L'équipe de recherche a décidé d'adopter une nouvelle approche, délaissant les bronzes du Bénin pour examiner comment notre cadre d'analyse s'applique à d'autres régions du continent. Nous avons choisi le Vigango du peuple Mijikenda, un objet commémoratif utilisé à Tanga, le long des côtes kényane et tanzanienne. Nos recherches en ligne ont révélé deux demandes émanant de musées américains ; l'une d'elles a été retournée après être restée plusieurs années dans un port. La seconde est bloquée à l'aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi depuis des années en raison de droits de douane impayés. Ces données montrent qu'il n'existe pas de cadre universel et que nous devons adapter nos méthodes de recherche aux différentes régions étudiées. Dans le cadre de la planification de notre travail de terrain, nous réfléchissons aux meilleures façons de trouver des ressources pertinentes au sein des différentes communautés afin de fournir les informations nécessaires aux professionnels, aux parties intéressées et au grand public.
Ces données essentielles (bien que peu nombreuses) sur les demandes de restitution provenant de deux régions du continent constituent notre raison d'être.










