Objectifs :
La Fondation Sindika Dokolo est une fondation culturelle dont le siège est à Luanda, en Angola, fondée par l'homme d'affaires Sindika Dokolo. La fondation se concentre sur la préservation, la promotion et le développement de la collection d'art de Sindika Dokolo.
Mesures de restitution :
L'action de restitution la plus médiatisée de la Fondation a concerné le rapatriement du masque Chokwe mwana pwo et d'autres masques classiques rares, pillés au musée de Dundo pendant la guerre civile angolaise. Le 7 juin 2018, la Fondation a tenu une conférence de presse à Bruxelles pour annoncer la restitution de six objets au Musée national de Dundo, dans le nord-est de l'Angola : un masque Chokwe mwana pwo, un siège de chef, une pipe Chokwe et plusieurs objets Shinji. En 2020, Sindika Dokolo et ses équipes à Bruxelles et à Londres avaient retrouvé et restitué avec succès 15 pièces du patrimoine culturel. Le travail de la Fondation a constitué une initiative privée majeure en matière de restitution culturelle, axée spécifiquement sur le retour des artefacts angolais pillés à leur pays d'origine. Sindika Dokolo est décédé en 2020 à l'âge de 48 ans dans un accident de plongée, mais l'action de sa fondation a mis en lumière les défis persistants de la restitution culturelle en Afrique postcoloniale. Une grande partie du travail de restauration a été menée grâce à des recherches archivistiques, notamment à partir des publications de l'historienne de l'art Marie-Louise Bastin. Une autre approche a consisté à proposer aux propriétaires actuels deux options : intenter une action en justice avec des preuves (au risque d'atteinte à leur réputation) ou accepter le remboursement du prix d'acquisition initial (inférieur à la valeur marchande actuelle). Des projets ont été élaborés pour la création d'une base de données contenant des informations et des images de toutes les œuvres disparues, afin de faciliter leur identification.
Limitations du cadre :
Le travail de cette initiative était principalement financé par des fonds privés et dépendait largement de la fortune personnelle de Dokolo. Dokolo et son épouse ont fait l'objet de graves accusations de corruption et leurs avoirs ont été gelés en Angola, au Portugal et aux Pays-Bas, ce qui a nui à la crédibilité de l'initiative. Par ailleurs, le travail s'appuyait sur la coopération volontaire et les accords financiers plutôt que sur un cadre juridique.
