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France

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Autre

Loi n° 2002-323 du 6 mars 2002 relative à la restitution par la France de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman à l'Afrique du Sud. (Loi n° 2002-323 du 6 mars 2002 relative à la restitution par la France de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman à l'Afrique du Sud)

Objectifs :

Le Parlement a autorisé la restitution de la dépouille de Sara (Saartjie) Baartman de la France à l'Afrique du Sud, suite à la demande du président N. Mandela. Cette mesure visait à retirer les restes humains de Baartman des collections du Muséum national d'histoire naturelle par voie législative.

Mesures de restitution :

Une loi parlementaire spéciale promulguée le 6 mars 2002 a permis le rapatriement réussi le 3 mai 2002, avec inhumation à Hankey le 9 août 2002, après huit années de négociations.

Limitations du cadre :

Une législation parlementaire spécifique était requise en raison du statut inaliénable des créances. Sa formulation, soigneusement étudiée, visait à éviter de créer un précédent juridique pour d'autres demandes de restitution, limitant ainsi sa portée pour les affaires futures.

Autre

Loi n° 2020-1673 du 24 décembre 2020 relative à la restitution des biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal (Loi n° 2020-1673 du 24 décembre 2020 relative à la restitution des biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal).

Objectifs :

La loi de 2020 n'était pas un cadre général ; c'était un acte spécifique avec un objectif unique : autoriser le transfert de propriété de 26 objets spécifiques au Bénin et d'un objet spécifique au Sénégal provenant des collections nationales françaises.

Mesures de restitution :

La loi de 2020 relative à la restitution des biens culturels au Bénin et au Sénégal a permis à la France de transférer la propriété de 26 insignes royaux d'Abomey au Bénin et d'un sabre au Sénégal. Qualifiée de “ loi d'exception ”, elle ne prévoit la restitution que d'objets choisis par la France, soulignant ainsi sa portée limitée.

Limitations du cadre :

La loi a fonctionné comme une “ loi d'exception ”, dérogeant au principe français d'inaliénabilité des collections nationales pour autoriser ces restitutions spécifiques. Il s'agissait d'un acte politique ponctuel, et non d'un cadre juridique permanent pour la restitution. L'initiative, très sélective et contrôlée par l'État, n'a pas permis d'instaurer une procédure transparente pour que d'autres nations ou communautés puissent formuler des demandes.

Cadres de blocage

Code Général de la Propriété des Personnes Publiques

Objectifs :

Le Code général de la propriété des personnes publiques regroupe les dispositions législatives relatives aux biens appartenant aux personnes publiques. Établi le 21 avril 2006 et entré en vigueur le 1er juillet 2006, ce code a réformé la gestion des biens des collectivités territoriales en clarifiant les droits de propriété et en définissant plus précisément la notion de bien public. Il établit une distinction entre les biens du domaine public (inaliénables et imprescriptibles) et les biens du domaine privé, encadrant les procédures d'acquisition, de gestion et de transfert entre personnes publiques et favorisant la valorisation économique des biens publics.

Mesures de restitution :

Procédures de transfert simplifiées entre entités publiques, supprimant l'obligation de déclassification préalable. Transferts d'actifs simplifiés au sein du secteur public, permettant aux musées et aux institutions publiques d'échanger ou de transférer des biens plus efficacement. Cadre juridique établi pour la gestion des collections publiques, y compris celles détenues par les musées.

Limitations du cadre :

Le Code du patrimoine de 2004, qui fait partie de cet ensemble de lois, confère un statut d“” inaliénabilité » aux collections du domaine public, créant ainsi d’importants obstacles juridiques à leur restitution. Il exige une législation parlementaire spécifique pour déroger aux règles d’inaliénabilité applicables aux collections muséales. Il n’aborde pas spécifiquement la restitution des biens culturels coloniaux ou pillés. Il privilégie la préservation du patrimoine public au détriment de la facilitation des retours aux pays d’origine. Il requiert des lois individuelles pour chaque cas de restitution concernant des collections du domaine public, engendrant des lourdeurs administratives.

Groupes de travail

Musée du Quai Branly-Jacques Chirac Provenances de la collection

Objectifs :

Au cœur des efforts de restitution entrepris par la France suite au rapport Savoy-Sarr commandé par le président Macron sur la restitution du patrimoine culturel africain, il convient de mettre en œuvre des recherches de provenance systématiques et des mesures concrètes de restitution. Le musée mène des recherches de provenance dans le cadre de sa mission scientifique.

Mesures de restitution :

Approbation parlementaire des restitutions effectives – 26 œuvres du trésor royal d'Abomey ont été restituées au Bénin en 2021, dont des biens emportés par le général Dodds du palais du roi Béhanzin pendant la guerre. (Ces œuvres avaient été pillées par le général Dodds au palais du roi Béhanzin après la seconde guerre franco-dahoméenne de 1892.)

Limites:

Une approche au cas par cas, nécessitant l'approbation parlementaire individuelle pour chaque restitution, est envisagée. Le processus semble long et bureaucratique, ce qui pourrait limiter la portée et la rapidité des restitutions futures malgré un précédent établi.

Groupes de travail

Groupe de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA)

Objectifs :

Développer des méthodes systématiques de recherche de provenance pour les collections coloniales. Créer des outils de recherche accessibles au public via le site web “ Le Monde en musée ”, offrant une cartographie annotée des objets africains et océaniens issus de plus de 240 collections publiques françaises. La plateforme reconnaît les limites de la recherche de provenance, précisant qu’elle ne peut présenter une provenance complète pour tous les objets et se concentre sur les institutions ayant constitué les collections françaises.

Mesures de restitution :

Un système de documentation transparent permettant un accès mondial aux données des collections pour les musées et les chercheurs du monde entier, facilitant l'identification et la recherche des objets potentiellement restituables.

Limites:

Outil principalement axé sur la recherche plutôt que sur la restitution directe. Limité aux collections publiques françaises. Aucune indication quant aux protocoles de retour contraignants ou aux processus décisionnels relatifs au rapatriement effectif des objets.

Cadres nationaux

Commission pour la restitution des biens et l'indemnisation des victimes de spoliations antisémites. (Commission pour la restitution des biens et l'indemnisation des victimes de spoliations antisémites (CIVS).

Objectifs :

La France a adopté en 2023 une loi (loi n° 2023-650 adoptée le 22 juillet 2023) englobant les biens culturels dont il est prouvé qu'ils ont été volés ou remis contre leur gré entre le 30 janvier 1933 et le 8 mai 1945, le ministère français de la Culture estimant qu'environ 100 000 œuvres d'art ont été saisies “ dans le contexte de persécutions antisémites ”.

Mesures de restitution :
Permet aux institutions de restituer des biens aux héritiers de propriétaires juifs sans qu'il soit nécessaire d'établir des lois individuelles pour chaque cas. Cette nouvelle loi prévoit une exception à la règle du Code du patrimoine relative aux collections “ inaliénables ”.
Procédures juridiques simplifiées. Un rapport de l'ancien directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, définit les directives relatives à la restitution des œuvres pillées dans les anciennes colonies et durant la période nazie. Désormais, seule l'autorisation de la Commission pour l'indemnisation des victimes de spoliation (CIVS) est requise, ce qui simplifie considérablement le processus. Jean-Luc Martinez, ancien directeur du Louvre, est l'auteur du rapport “ Patrimoine partagé : universalité, restitution et circulation des œuvres d'art ” (publié en avril 2023). Ce rapport présente des directives concernant la restitution des œuvres d'art pillées par les nazis et celles de l'époque coloniale.

Limitations du cadre :
La mise en œuvre récente pourrait se heurter à des difficultés pratiques. Limitée à une période spécifique (1933-1945), elle exige encore des procédures bureaucratiques complexes. Certaines institutions résistent au concept de collections “ inaliénables ”. Les directives relatives à la restitution des œuvres d'art coloniales sont moins élaborées que celles concernant les œuvres pillées par les nazis. Trois lois-cadres ont été proposées : l'une sur les œuvres d'art pillées par les nazis (adoptée), l'autre sur les restes humains (adoptée) et la dernière sur les collections coloniales (en attente).

Cadres nationaux

Projet de loi de 2021 sur la restitution (souvent mentionné dans le cadre de la loi-cadre sur la restitution des biens culturels aux États étrangers)

Objectifs :

Le projet de loi de 2021 sur la restitution visait à permettre les retours sans autorisation parlementaire individuelle pour chaque cas. Ce projet de loi, ainsi que le rapport Martinez de 2023, ambitionnaient de créer une voie juridique générale et plus efficace pour la restitution, en s'affranchissant de la nécessité d'une nouvelle loi parlementaire pour chaque cas particulier. Cependant, le rapport Martinez de 2023, intitulé “ Patrimoine commun : universalité, restitution et circulation des œuvres d'art ”, a été reporté ; il représente le cadre général français en matière de restitution.

Mesures de restitution :
Les mesures de restitution comprennent neuf critères pour la restitution des œuvres africaines, notamment des exigences relatives à l'origine nationale et des considérations liées aux accords bilatéraux des pays membres. Le rapport Martinez recommande des doctrines de grande portée concernant le patrimoine culturel, les restes humains et les objets pillés par les nazis.

Limitations du cadre :
Des limitations persistent en raison de la législation française qui déclare les collections nationales “ inaliénables et imprescriptibles ”, exigeant une législation exceptionnelle pour chaque cas de restitution et maintenant des critères de retour restrictifs. Le projet de loi n'a pas été adopté. Le gouvernement français a abandonné le projet en 2023 suite à une opposition interne, notamment de la part des directeurs de grands musées. La principale limitation demeure inchangée : le Code du patrimoine, qui déclare les collections nationales “ inaliénables ”, reste la loi applicable. Cela continue d'exiger une “ loi d'exception ” sur mesure (comme la loi de 2020) pour chaque restitution, en l'absence de cadre général. Le rapport Martinez est un ensemble de recommandations non contraignantes.

Groupes de travail

Musée du Quai Branly-Jacques Chirac Groupe de travail sur la provenance

Objectifs :
Au cœur des efforts de restitution entrepris par la France suite au rapport Savoy-Sarr commandé par le président Macron sur la restitution du patrimoine culturel africain, il convient de mettre en œuvre des recherches systématiques sur la provenance et des mesures concrètes de restitution.

Mesures de restitution :
Approbation parlementaire pour les restitutions effectives – 26 œuvres du trésor royal d'Abomey ont été restituées au Bénin en 2021, dont des butins de guerre pris par le général Dodds au palais du roi Béhanzin.

Limites:
Une approche au cas par cas, nécessitant l'approbation parlementaire individuelle pour chaque restitution, est envisagée. Le processus semble long et bureaucratique, ce qui pourrait limiter la portée et la rapidité des restitutions futures malgré un précédent établi.

Groupes de travail

Groupe de recherche sur les collections coloniales de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA)

Objectifs :
Développer des méthodes systématiques de recherche de provenance pour les collections coloniales. Créer des outils de recherche accessibles au public via le site web “ Le Monde en musée ”, offrant une cartographie annotée des objets africains et océaniens dans plus de 240 collections publiques françaises.

Mesures de restitution :
Un système de documentation transparent permettant un accès mondial aux données des collections pour les musées et les chercheurs du monde entier, facilitant l'identification et la recherche des objets potentiellement restituables.

Limites:
Outil principalement axé sur la recherche plutôt que sur la restitution directe. Limité aux collections publiques françaises. Aucune indication quant aux protocoles de retour contraignants ou aux processus décisionnels relatifs au rapatriement effectif des objets.

Cadres nationaux

Commissions de restitution

La France a adopté en 2023 une loi englobant les biens culturels dont il est prouvé qu'ils ont été volés ou cédés contre leur gré entre le 30 janvier 1933 et le 8 mai 1945, le ministère français de la Culture estimant qu'environ 100 000 œuvres d'art ont été saisies “ dans le contexte de persécutions antisémites ”.

Mesures de restitution :
Permet aux institutions de restituer des biens aux héritiers de propriétaires juifs sans qu'il soit nécessaire de créer des lois individuelles pour chaque cas.
Une nouvelle loi prévoit une exception à la règle des collections “ inaliénables ” du Code du patrimoine
Procédures juridiques simplifiées
Des directives pour la restitution des objets pillés dans les anciennes colonies et pendant la période nazie sont énoncées dans un rapport de l'ancien directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez.

Limites:
La mise en œuvre récente peut se heurter à des difficultés pratiques.
Limité à une période spécifique (1933-1945)
Des procédures bureaucratiques complexes restent nécessaires
Résistance de certaines institutions concernant le concept de collections “ inaliénables ”
Les directives de restitution des œuvres d'art coloniales restent moins élaborées que les procédures de restitution des œuvres d'art pillées par les nazis.

Cadres nationaux

Loi n° 2002-323 du 6 mars 2002 relative à la restitution par la France de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman à l'Afrique du Sud

Objectifs :
Autoriser le rapatriement de la dépouille de Saartjie Baartman de la France vers l'Afrique du Sud, conformément à la demande du président Mandela. Retirer la dépouille des collections du Muséum national d'Histoire naturelle par voie législative.

Mesures de restitution :
Une loi parlementaire spéciale promulguée le 6 mars 2002 a permis le rapatriement réussi le 3 mai 2002, avec inhumation à Hankey le 9 août 2002, après huit années de négociations.

Limites:
Une législation parlementaire spécifique était requise en raison du statut inaliénable des créances. Sa formulation, soigneusement étudiée, visait à éviter de créer un précédent juridique pour d'autres demandes de restitution, limitant ainsi sa portée pour les affaires futures.

Cadres nationaux

Projet de loi de 2021 sur la restitution

Le projet de loi de 2021 sur la restitution visait à permettre les retours sans autorisation parlementaire individuelle pour chaque cas. Cependant, le rapport Martinez de 2023, intitulé “ Patrimoine commun : universalité, restitution et circulation des œuvres d’art ”, a été reporté ; ce rapport représente le cadre général de la France en matière de restitution.

Mesures de restitution :
Les mesures de restitution comprennent neuf critères pour la restitution des œuvres africaines, notamment des exigences relatives à l'origine nationale et des considérations liées aux accords bilatéraux des pays membres. Le rapport Martinez recommande des doctrines de grande portée concernant le patrimoine culturel, les restes humains et les objets pillés par les nazis.

Limites:
Des limitations persistent en raison des lois françaises déclarant les créances nationales “ inaliénables et imprescriptibles ”, ce qui exige une législation exceptionnelle pour chaque cas de restitution et maintient des critères restrictifs pour les retours.

Cadres nationaux

Loi de 2020 sur la restitution des biens culturels

À propos de:
La loi de 2020 relative à la restitution des biens culturels au Bénin et au Sénégal a permis à la France de transférer la propriété de 26 insignes royaux d'Abomey au Bénin et d'un sabre au Sénégal. Qualifiée de “ loi d'exception ”, elle ne prévoit la restitution que d'objets choisis par la France, soulignant ainsi son champ d'application limité.

Cadres européens

Convention-cadre sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (Convention de Faro) (2005) (Non ratifiée)

Objectifs :
Cadre de coopération en matière de patrimoine culturel privilégiant la participation et le dialogue communautaires. Reconnaît le droit de chacun à s'approprier le patrimoine culturel et promeut les valeurs communes du patrimoine européen.

Mesures de restitution:
Dispositions limitées en matière de conciliation lorsque des communautés ont des valeurs contradictoires concernant un même patrimoine. Mécanisme de suivi et système de partage d'informations. Reconnaissance de la valeur patrimoniale, quelle que soit son origine.

Limites:
Il est clairement indiqué que ce texte ne crée aucun droit exécutoire. Son cadre juridique énonce des principes plutôt que des obligations contraignantes. Il ne prévoit aucun mécanisme spécifique pour le patrimoine colonial ou les acquisitions de guerre. Il repose entièrement sur la coopération et le dialogue volontaires, et non sur des procédures de restitution concrètes.

Cadres européens

Cadre d’action européen pour le patrimoine culturel

Mesures en place :
L’Année européenne du patrimoine culturel 2018 a donné un nouvel élan à l’approche intégrée.
Soutien du fonds de développement régional à la protection et à la promotion du patrimoine culturel

Limites du cadre:
Principalement axée sur la préservation et la promotion plutôt que sur la restitution
Aucun mécanisme contraignant spécifique n'est prévu pour la restitution des objets culturels.
Limité au territoire de l'UE et ne traite pas de l'héritage colonial
L'accent est mis sur le patrimoine européen commun plutôt que sur l'origine des objets contestés.

Limitations régionales générales:
La plupart des cadres d'analyse se concentrent sur les déplacements illégaux récents plutôt que sur les acquisitions coloniales historiques.
Portée géographique limitée (membres de l'UE/du Conseil de l'Europe uniquement)
Principalement axée sur la préservation plutôt que sur la restitution
Aucun cadre global ne traitait du patrimoine colonial ou des acquisitions de guerre avant 1993.
S'appuie fortement sur des négociations bilatérales et des initiatives nationales pour des efforts de restitution plus larges.

Cadres européens

Directive européenne 2014/60/UE (refonte de la directive 93/7/CEE) – “ Directive sur la restitution ”

Mesures en place :
Prévoit le retour physique des biens culturels illégalement retirés du territoire des pays de l'UE depuis le 1er janvier 1993.
Mise à jour en 2014 afin de renforcer les dispositions et les procédures.
Cadre juridique permettant aux États membres de récupérer des biens culturels par voie judiciaire.
Vise à concilier la libre circulation des marchandises et la protection des trésors nationaux dans le cadre d'une approche intégrée du patrimoine culturel européen.

Limites du cadre:
S'applique uniquement aux objets enlevés illégalement après 1993.
Limité aux mouvements de biens culturels à l'intérieur de l'UE.
Ne traite pas du patrimoine colonial ni des acquisitions antérieures à 1993.
Elle se concentre sur le “ déplacement illégal ” plutôt que sur des demandes de restitution plus générales.
Aucune disposition n'est prévue pour les objets pris pendant les périodes coloniales ou en temps de guerre avant 1993.

Cadres internationaux

Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007)

Objectifs :
Ce cadre établit un référentiel universel de normes minimales pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones du monde et précise les normes existantes en matière de droits humains et de libertés fondamentales applicables à ces peuples. L’article 34 de ce référentiel consacre la liberté des peuples autochtones de déterminer leurs structures institutionnelles et leurs coutumes spécifiques.

Mesures de restitution:
L’article 11(2) stipule que les États doivent accorder réparation, par des mécanismes efficaces pouvant inclure la restitution, élaborés conjointement avec les peuples autochtones, en ce qui concerne leurs biens culturels, intellectuels, religieux et spirituels qui leur ont été spoliés sans leur consentement libre, préalable et éclairé ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes. La Déclaration universelle des droits des peuples autochtones (DNUDPA) a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 13 septembre 2007.

Limites du cadre:
La mise en œuvre s'est avérée difficile en raison de la discrimination, de l'incompatibilité avec les législations nationales et du manque de participation aux processus décisionnels. Sa principale limite réside dans son absence de force exécutoire devant les tribunaux internationaux.

Cadres internationaux

Convention d'UNIDROIT sur les biens culturels volés ou exportés illicitement (1995)

Objectifs :
La Convention UNIDROIT de 1995 est un instrument juridique international facilitant la restitution des biens culturels volés ou exportés illégalement par le biais des tribunaux nationaux. Elle établit des règles juridiques minimales pour le traitement des demandes et exige la coopération des États pour la restitution des biens culturels à leurs propriétaires légitimes, notamment les biens d'une importance culturelle majeure.

Mesures de restitution:
La Convention prévoit des mécanismes opérationnels spécifiques pour les réclamations privées dans différents systèmes juridiques, en complément de la Convention de l'UNESCO de 1970. Elle établit des procédures distinctes pour les objets volés et ceux exportés illicitement, crée des cadres d'indemnisation déterminant la prise en charge des coûts et fixe des normes de preuve pour étayer les réclamations. Des dispositions spéciales protègent les collections publiques et les objets sacrés ou d'importance communautaire.

Limites du cadre:
Des difficultés pratiques importantes subsistent. L'article 3 impose des délais restrictifs : trois ans à compter de la découverte du lieu où se trouve un objet et de l'identité de son détenteur, avec un délai absolu de cinquante ans à compter du vol. Ces délais constituent des obstacles insurmontables pour de nombreuses actions légitimes. Les recours prévus par la Convention ne sont pas universellement applicables, ce qui engendre une mise en œuvre incohérente. De plus, l'efficacité de ce cadre juridique repose sur les systèmes judiciaires nationaux et l'adoption volontaire par les États, plutôt que sur une application internationale contraignante. La Convention s'applique aux biens volés ou exportés illégalement après son entrée en vigueur, ce qui en limite la portée.

Cadres internationaux

Comité intergouvernemental de l'UNESCO pour la promotion du retour des biens culturels dans leurs pays d'origine ou leur restitution en cas d'appropriation illicite (ICPRCP) (1978)

Objectifs :
Ce comité, complémentaire à la Convention de l'UNESCO de 1970, facilite les négociations bilatérales entre pays en matière de restitution des biens culturels. Fort de 147 ratifications étatiques en mars 2025, il encourage les nations à conclure des accords formels pour la récupération du patrimoine culturel.

Mesures de restitution:
Le Comité offre des services de médiation, une expertise technique et des canaux diplomatiques pour négocier les restitutions. Il propose un espace neutre pour les discussions et contribue à l'établissement de protocoles d'identification, de documentation et de transfert des biens culturels. Ce cadre permet des approches systématiques des demandes de restitution, dans le respect des cadres juridiques des pays d'origine et de conservation.

Limites du cadre:
Malgré une large ratification, le Comité ne dispose d'aucun pouvoir coercitif et repose entièrement sur la coopération volontaire. Ses recommandations ne sont pas contraignantes, ce qui limite son efficacité lorsque des pays refusent d'y participer. Le cadre ne peut imposer la restitution des biens ni prévaloir sur les lois nationales protégeant les détenteurs actuels. De plus, le mandat du Comité porte principalement sur les transferts illicites postérieurs à 1970, excluant potentiellement de nombreuses revendications datant de l'époque coloniale. Son succès dépend fortement de la volonté politique, des relations diplomatiques et d'un accord mutuel plutôt que d'une obligation juridique, ce qui engendre des résultats incohérents selon les différentes négociations bilatérales.

Cadres internationaux

Convention de l'UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels

Objectifs :
La Convention de l'UNESCO de 1970 établit un cadre permettant aux États parties d'interdire et de prévenir l'importation, l'exportation et le transfert illicites de biens culturels.

Mesures de restitution:
L’article 7 définit les procédures de restitution : sur demande diplomatique de l’État d’origine, un autre État partie doit saisir et restituer les biens culturels volés dans les musées, les institutions religieuses ou les monuments publics situés sur son territoire. Les conditions essentielles comprennent la présentation d’une documentation adéquate prouvant le statut institutionnel de l’objet, et l’État requérant doit fournir des preuves à l’appui de sa demande. Il est important de noter que les acquéreurs de bonne foi ou les titulaires de droits légaux ont droit à une juste indemnisation de la part de l’État requérant.

Limites du cadre:
Cependant, les conventions internationales n'ont pas de valeur juridique contraignante tant qu'elles ne sont pas ratifiées par chaque État membre. Autrement dit, les nations souveraines ne sont pas tenues de mettre en œuvre ces mécanismes de restitution, ce qui limite considérablement la portée pratique de la Convention. L'efficacité de ce cadre repose en définitive sur le respect volontaire des engagements des États et leur transposition législative nationale, plutôt que sur une obligation juridique internationale.

Cadres internationaux

Convention de La Haye de 1954 de l'UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé

Objectifs :
La Convention de La Haye de 1954 constitue le premier accord international universel exclusivement consacré à la protection des biens culturels en période de conflit armé. Elle protège divers biens culturels, notamment les monuments architecturaux, les sites historiques, les sites archéologiques, les œuvres d'art, les manuscrits, les livres, les collections scientifiques et les objets d'importance artistique, historique ou archéologique, indépendamment de leur origine ou de leur propriétaire.

Mesures de restitution:
La Convention établit des cadres pour la restitution des biens culturels déplacés à leurs pays d'origine à la suite de conflits, créant ainsi des précédents juridiques pour la reconstruction culturelle d'après-guerre et obligeant les puissances occupantes à empêcher le déplacement des biens culturels.

Limites du cadre:
Cependant, des contraintes importantes existent. L'efficacité de la Convention dépend fortement de sa ratification par les États et de leur respect volontaire en période de conflit. Les mécanismes d'application sont limités, notamment face à des acteurs non étatiques ou lorsque l'autorité juridique internationale est contestée. De plus, le cadre juridique s'applique principalement aux situations de guerre plutôt qu'aux revendications de restitution plus larges liées à l'époque coloniale, ce qui restreint son application aux litiges contemporains en matière de propriété culturelle entre nations cherchant réparation pour des injustices historiques.

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